• Études

    Motocyclistes après 40 ans

    L’étude menée par le sociologue Marc Camiolo s’appuie sur un travail d’enquête réalisé auprès de 73 motards de 40 ans et plus, lors d’entretiens réalisés dans la capitale et huit grandes agglomérations (Bordeaux, Grenoble, Lille, Lyon, Metz, Montpellier, Nice, Toulouse). Ces motards sont issus essentiellement du panel «2-roues Lab’», laboratoire d’études des différentes populations d’usagers de 2-roues motorisés conçu par la Mutuelle des Motards.

    Méthodologie de l’étude

    La diversité des profils sollicités, réunis par groupes de six à dix personnes, a permis de réaliser une approche scientifique, basée sur une méthode d’analyse en groupe. Celle-ci a pour particularité d’associer les participants concernés par le sujet de l’étude à l’ensemble de la démarche, du début jusqu’à son terme. Concrètement, les groupes constitués ont analysé collectivement des situations d’accidents, à partir des récits des participants et de ce qu’ils en disent. Cette approche spécifique d’une situation imprévisible, quel que soit le niveau d’expérience du conducteur, a contribué à catégoriser les éléments qui sont sous le contrôle du motard et ceux qui ne le sont pas. Les notions de prise de risque, de rapport à la loi, de l’influence du regard des autres motards, ont été au cœur des débats. À l’issue de ceux-ci, et toujours avec la participation active des participants, le sociologue a pu réaliser un inventaire des points de divergences et de convergences, afin d’élaborer un schéma de synthèse. Des hypothèses ont alors été explorées et discutées au sein des groupes. D’autres entretiens individuels ainsi que la mise en place d’un groupe sur les réseaux sociaux ont permis d’affiner et de valider ces hypothèses afin de formuler les conclusions de cette étude exploratoire.

    Tous égaux face au risque

    La problématique posée au départ de l’étude, estimant que la séniorisation des motards a une influence sur leur comportement sur la route, est invalidée par les hypothèses retenues au terme de ces travaux de recherche. Ainsi, associer le critère de l’âge au niveau d’expérience de conduite acquise sans autre forme de précaution s’avère trop superficiel. En effet, cette position éluderait la question des conducteurs novices ayant débuté la pratique du deux-roues motorisé vers la quarantaine et plus. Or, ceux-ci sont de plus en plus nombreux du fait de la prédominance des usages de loisirs et ils partagent les mêmes niveaux de risques que leurs congénères plus jeunes, sans aucune forme de différenciation dans leur façon d’aborder une situation accidentogène. Ceci démontre que dans tous les cas, les premières années de conduite sont les plus accidentogènes, quel que soit l’âge du conducteur.

    Expérience et analyse

    La distinction entre motards s’opère donc davantage entre ceux que l’on peut qualifier d’expérimentés par rapport à ceux qui sont en phase d’apprentissage. Pour autant, ces deux catégories n’ont pas une approche fondamentalement différente du rapport au risque ou à la loi. Certains motards expérimentés se laissent toujours griser par leur passion sans pour autant renier l’expérience acquise. Les novices comme les motards aguerris se rejoignent aussi dans leur relation au groupe et aux autres usagers de la route.

    Conclusions générales


    Projets

    Recensement des équipements de protection des utilisateurs de 2 et 3-roues motorisés afin d’améliorer les techniques de dégagement

    L’opération qui consiste à ôter l’équipement de protection d’un utilisateur de 2 ou 3-roues motorisé victime d’un accident ne doit pas s’effectuer sans précaution.

    En effet, le risque qu’une mauvaise manipulation puisse aggraver les blessures, voire en engendrer de nouvelles, est très élevé. En outre, la méthode de retrait varie en fonction des matériaux utilisés et requiert dans certains cas des outils spécifiques (exemple : vêtement renforcé de fibres kevlar).

    C’est pourquoi la Fondation Mutuelle des Motards met en place une démarche de recensement de l’ensemble des équipements de protection utilisés par cette catégorie d’usagers de la route.

    Chaque catégorie de protection sera répertoriée en fonction de son fabricant, du niveau de protection établi selon les normes européennes, de sa catégorie de prix et de sa composition. Cette nomenclature précisera également la nature de la protection attendue en fonction de l’organe protégé.

    Cette étude a fait l’objet d’un appel à candidature afin d’être financée sous forme de bourse, attribuée à des étudiants dans le cadre d’une formation universitaire supérieure.

    Prix « fondation Mutuelle des Motards » évolution des connaissances et des pratiques en termes de prévention de sécurité et de partage de la route

    Cette dotation récompensera des jeunes de moins de 25 ans (individuels ou association) ayant élaboré un projet visant à promouvoir un comportement respectueux et solidaire de partage de la route.

    Il peut s’agir d’actions de prévention visant à mieux connaître les dangers pour pouvoir les éviter, de recherches permettant de développer les connaissances sur l’usage des 2 et 3-roues motorisés et les interactions entre usagers, ou encore d’élaboration de nouveaux dispositifs ou méthodes pour limiter les conséquences des accidents.

    L’objectif est d’inciter les conducteurs à analyser leurs pratiques pour pouvoir proposer des actions innovantes permettant d’améliorer leur sécurité. Les candidatures ont été reçues en fin d’année scolaire 2018-2019.

    Pour la 5ème édition du Prix « Chercher Notre Route »

    La Fondation Mutuelle des Motards recherche de nouveaux projets innovants au bénéfice des motards et de l’intérêt général

    Le prix « Chercher Notre Route » encourage les initiatives des chercheurs pour faire évoluer les connaissances dans les domaines de la prévention, de la sécurité et du partage de la route. Au regard du succès des premières éditions, la Mutuelle des Motards renouvelle son prix pour 2024. Si vous êtes un chercheur ou un groupe de chercheurs, vous pouvez d’ores et déjà candidater en déposant votre projet via le formulaire ci-dessous

    Les projets doivent correspondre à l’un des 4 axes suivants :

    • Prévention : Projet visant à diminuer les risques en agissant sur la connaissance des usagers deux-et-trois-roues motorisés.
    • Amélioration de la sécurité : Projet visant à tester, évaluer, modéliser ou caractériser de nouveaux dispositifs de protection ou de limitation des conséquences d’un accident. Il peut aussi concerner les dispositifs ou méthodes permettant l’accélération de la prise en charge par les services d’urgence.
    • Accidentologie : Projet visant à mieux comprendre les situations d’accident et leur prise en charge. Il peut se traduire par la mise en place d’un registre, de modélisation in silico ou sur modèle d’accident ou par l’évaluation de nouvelle organisation de prise en charge.
    • Recherche : Projet visant à développer les connaissances des pratiques et des comportements des usagers des deux-et-trois-roues motorisés et de leurs interactions avec les autres usagers de la route.

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